1999
Programme minimal
d'alternance
L'idéologie dominante aujourd'hui est marquée par des relations
d'autorité qui se caractérisent par un clientélisme fluctuant, un développement
du sectarisme tribal, un chauvinisme ethnique, la régionalisation de l'opinion,
l'égoïsme des élites et la lâcheté devant l'arbitraire.
La monopolisation de l'initiative politique par les gouvernants réduit
l'opposition à une caisse de résonance souvent mal orchestrée.
C'est sur la base de ce bref constat que nous appelons tous les
progressistes et patriotes de ce pays à soutenir par leurs signatures le
programme minimal suivant que nous proposons à ceux qui gouvernent ou à
ceux veulent gouverner pour sortir notre Pays de l'impasse, donner l'espoir à
nos masses, permettre à nos jeunes de rêver à un mieux être, créer une
classe moyenne capable d'assurer la stabilité, projeter ce Pays en optimisant
ses capacités de production et de redistribution dans un 21ème siècle qui doit
être pour nous celui de la justice, de l'égalité des chances, de la réhabilitation
des valeurs notamment celles de la connaissance de la liberté, de la
démocratie et de la transparence des rapports gouvernants/gouvernés.
Pour nous et pour nos enfants, ce siècle doit être de la fierté
d'appartenir à la Mauritanie.
Citoyenneté - Démocratie - Unité nationale
Le Front Populaire pense qu'il y a lieu de créer tout d'abord le citoyen
mauritanien. Vaste et sinueuse entreprise dans un Pays dominé par les
clivages tribalo-ethniques nourris épisodiquement par le pouvoir, ce qui
empêche l'émergence d'un citoyen à part entière soucieux de ses devoirs et
jouissant de ses droits dans un environnement démocratique propice.
La démocratie doit être comprise comme un instrument dont la finalité
est l'harmonie des rapports entre gouvernants et gouvernés par la liberté et le
bien-être du peuple.
Le pluralisme politique n'est pas le pluralisme des idées. La démocratie
n'existe que quand les différences d'opinions s'expriment dans l'institution
parlementaire.
Le scrutin majoritaire défavorise le pluralisme politique, seule la
proportionnelle régionalisée permet l'existence d'un pluralisme.
Toutefois il serait vain de prétendre assurer la transparence électorale
en l'absence d'un état civil fiable reposant sur un recensement effectué par
l'organe technique national chargé des statistiques.
Mais la démocratie, c'est aussi :
-la liberté d'opinion à travers des partis légitimes ayant toute latitude
pour agir dans le cadre des lois de la République, loin de toute forme de
manoeuvre policière délétère pour la démocratie ;
-la liberté d'expression par le biais d'une presse indépendante fortement
appuyée par les pouvoirs publics pour jouer pleinement son rôle de garde-fou
indispensable ;
-des médias publics ouverts à tous les acteurs politiques et à la société
civile. A ce sujet, l'ouverture de l'audiovisuel devant l'initiative privée ne peut
que contribuer à l'enracinement de la culture démocratique dans notre Pays.
-Une liberté syndicale qui tiendrait vers l'éclosion de syndicats libres de
toute tutelle politique, garants du pouvoir d'achat des travailleurs, de la
pérennité de l'emploi et du partenariat ;
-Une société civile dynamique et impliquée dans le processus de
développement du Pays ;
L'unité nationale constitue une autre préoccupation majeure pour le
Front Populaire. Celle-ci nécessairement par une meilleure harmonie des
cultures nationales (Arabe, Pulaar, Soninké, Wolof).
La dynamique de l'unité nationale ne pourra faire que par un système
éducationnel cohérent.
Parallèlement à cela une interprétation des cultures nationales
permettant un rapprochement de plus en plus important des différentes
composantes de notre peuple doit être encouragée.
Il convient dans ce sens de rendre obligatoire l'apprentissage d'une
langue nationale autre que la langue maternelle.
Famille - Education - Emploi - Environnement
Le Front Populaire considère que la cellule de base de la communauté
est la famille qui doit reposer sur la stabilité et la solidarité.
Dans notre société, la femme reste l'axe principal de la cellule familiale
autour duquel s'organise le passage de relais entre les générations. Les
femmes représentent 52% de la population mauritanienne géographiquement
mal réparties, car nous avons dans certaines zones moins de 40 hommes
pour 100 femmes. Ce qui s'explique par un déséquilibre géographique des
sources de revenu.
Toute politique économique viable doit se fixer comme premier objectif
le toit et le revenu permanent pour le bien-être familial.
Les veuves, les mères abandonnées et les orphelins doivent faire l'objet
d'une priorité de couverture sociale tout en établissant une modulation des
priorités en fonction de l'âge et du nombre d'enfants.
Le Front Populaire est partisan de l'unification des modes
d'enseignement dans notre Pays.
Il considère que dans l'intérêt de son unité nationale, la Mauritanie doit
obligatoirement opter pour un enseignement unique, le passage d'un
enseignement informationnel à un enseignement créatif et la réhabilitation
sociale des enseignants par la création notamment d'un crédit d'accès au
logement.
L'enseignement, vecteur de la connaissance, doit revenir un moyen
d'accès social permettant aux enfants, quelques soient leurs origines, de se
placer dans la hiérarchie sociale par leurs connaissances.
Pour une meilleure cohésion sociale, un retour aux internats doit être
envisagé.
Le droit au travail doit être considéré comme un droit fondamental
garanti par la société au citoyen mauritanien.
Dans la phase actuelle, un effort de croissance de l'économie,
largement supérieure à la croissance démographique, doit être maintenue
pendant plusieurs années pour absorber l'ensemble de la population afin de
pouvoir insérer socialement les non-actifs dont la majorité ne peut être
considérée en chômage. En effet pour être chômeur, donc sur le marché du
travail, il faut être offreur de savoir-faire.
Le Front Populaire s'attache particulièrement à la protection de
l'environnement, à la régénération de l'écosystème traditionnel et à la gestion
rationnelle des forêts et des ressources naturelles renouvelables.
Esclavage - Pauvreté
Si l'esclavage a été juridiquement aboli, il n'en est pas moins que ses
séquelles soient uniquement d'ordre économique.
Pour passer de l'état social de propriété à l'état social d'homme libre, il
faut obligatoirement que l'ancien esclave soit propriétaire, une politique
sociale soutenue dans le temps doit être menée dans les " adwabas " et les
" kebas " pour permettre l'accession des anciens esclaves à la propriété et
leur autonomie économique.
L'esclave n'est libre que quand il devient autonome ayant son propre
patrimoine.
La paupérisation de la société est exprimée aujourd'hui par la mauvaise
répartition du revenu national. Le revenu moyen par habitant avoisine le seuil
de pauvreté défini par les Nations-Unies. Ce qui veut dire que 50% de notre
population se trouvent en dessous du seuil de pauvreté. Les 50% les plus
riches du Pays comprennent les smicards, ce qui s'explique par une
concentration sans précédent du revenu national. Le contraste est masqué
par une certaine solidarité sociale traditionnelle.
Le Front Populaire considère que l'Etat doit veiller à une meilleure
répartition de la richesse nationale car la stabilité ne peut être garantie que
par l'élargissement permanent et soutenu de la classe moyenne.
Economie - Finance
La faillite des théories économiques classiques notamment les
économies planifiées d'une part et le dynamisme de l'économie de marché
d'autre part, ont contribué à universaliser le libéralisme comme unique mode
de gestion économique efficace et viable. Toutefois il n'y a pas un libéralisme
dans les libéralismes.
En Mauritanie, le libéralisme est jusqu'à présent compris comme mode
anarchique de production et de distribution. Ceci est préalablement dû à une
mauvaise identification du libéralisme.
La non application de la loi sur la concurrence, l'absence
d'encadrement de la stratégie libérale, l'organisation de certains syndicats de
patrons, l'intermédiation financière, la démission de la banque centrale quant
à l'encadrement du crédit, l'informalisation à outrance et la fragilité de
l'économie malgré les efforts faits, tous ces éléments, en faussant les
objectifs qui devaient être ceux du libéralisme mauritanien, renforcent la
concentration et accélèrent le processus de paupérisation.
Le Front Populaire considère que le libéralisme en Mauritanie devait
avoir comme premiers objectifs le mieux être de la communauté et une
meilleure répartition des richesses. C'est le social libéralisme dont l'objectif
essentiel est l'élargissement de la classe moyenne qui seule peut garantir la
stabilité sociale.
Le Front Populaire définit la classe moyenne comme une classe
composée de familles ayant un toit et un revenu permanent. L'objectif social
du libéralisme prôné ne peut en aucun cas se faire dans le cadre d'une
démission pure et simple de l'Etat qui doit initier, orienter et encadrer la
stratégie de développement économique.
Le gouvernement doit veiller à la manoeuvre de quatre leviers
principaux :
-la fiscalité : en favorisant les petits producteurs, les activités
créatrices d'emploi, la solidarité sociale et les régions les plus défavorisées ;
-le taux d'intérêt : géré en fonction des besoins de l'économie ;
-la parité monétaire : par l'unification du taux de change par une
politique volontariste d'Open Market ;
-L'équilibre budgétaire : l'équilibre budgétaire doit concerner le
budget de fonctionnement qui est non productif. En matière d'investissement,
certains déséquilibres rationnels générateurs de richesses doivent être
envisagés.
Administration - Justice - Diplomatie - Défense
Toute stratégie de développement a besoin d'une administration
efficace. Cela requiert :
-l'organisation d'une table ronde sur l'administration ave la
participation active des usagers ;
-l'instauration effective du principe de la neutralité de
l'administration ;
-la lutte contre l'amalgame entre Etat et Administration ;
-le rapprochement de l'Administration de ses usagers et
instauration d'un climat de confiance ;
-l'institution d'un contrôle systématique et permanent de la gestion
administrative et l'affirmation de l'indépendance et du rôle de la Cour des
Comptes ;
-la création d'une administration de développement véritablement
décentralisée.
La Justice doit être la pierre angulaire dans tout système démocratique,
le Front Populaire estime qu'il y a lieu d'engager sans tarder des réformes
profondes. Cela passe nécessairement par l'affirmation de l'indépendance de
la Justice qui doit devenir une réalité et l'amélioration des conditions de travail
et de vie des magistrats et autres auxiliaires de la Justice par :
-l'augmentation des niveaux de formation et d'expérience des
magistrats et des greffiers par la formation continue et les sages de longue et
moyenne durée ;
-la lutte contre la corruption et l'interventionnisme ;
-la révision de la composition et du mode de fonctionnement du
conseil supérieur de la magistrature ;
-l'affirmation du principe de l'inamovibilité des juges ;
-l'institution d'un fonds d'appui ;
-la construction de palais de justice là où est nécessaire ;
- l'exécution des jugements et sentences judiciaires ;
-la révision des textes de procédures et de droit ;
-le respect des droits de l'homme et des droits des prévenus ;
-l'amélioration de la situation dans les prisons qui doivent être
transformées en centres de récupération.
D'une diplomatie ankylosée, désappointée et inefficace, le Front
Populaire propose une diplomatie active, conquérante et efficace.
La diplomatie est devenue aujourd'hui un instrument indispensable de
sauvegarde de la sécurité intérieure et de développement économique. C'est
pourquoi le Front Populaire propose de :
-favoriser l'émergence d'un corps de diplomates chevronnés qui
deviendrait un vivier pour la diplomatie mauritanienne ;
- privilégier la compétence et l'expérience ;
-mettre sur pied une conférence annuelle des ambassadeurs pour
revoir et redéfinir notre politique internationale ;
La Mauritanie doit mettre l'accent en matière de politique étrangère sur :
-le renforcement de l'intégration régionale et sous-régionale
garante de relations bilatérales de bon voisinage ;
-la participation active au règlement des conflits entre pays amis,
particulièrement au Sahara occidental et dans la zone ouest-africaine ;
-la réaffirmation de notre double appartenance au monde Arabe et
à l'Afrique noire et le rôle éminemment important que cette position nous
confère ;
-oeuvrer plus activement au sein des grands ensembles pour
l'avènement d'un nouvel ordre international plus juste et plus équitable.
L'Armée Nationale doit être l'Armée du Peuple, elle doit en plus de son
rôle premier qui est la défense de l'intégrité du territoire national participer
pleinement à la construction nationale.
Le Front Populaire propose de conduire les mesures suivantes :
-restructuration de l'Armée en fonction des besoins de la défense
nationale et conformément aux principes et règles de la hiérarchie militaire ;
-renforcement du génie militaire pour une meilleure participation
aux travaux d'utilité publique ;
-perfectionnement de l'armée aux techniques de combat et
d'armement et son équipement pour maintenir un seuil de dissuasion au
niveau régional ;
-lutte contre la bureaucratie et mise en confiance des officiers et
gardés victimes de l'exclusion ;
-revalorisation du métier de police pour en faire un citoyen
soucieux du secours et de la sécurité de ses concitoyens ;
-introduction de la spécialisation au niveau du corps de la police
pour lutter contre les différentes formes de crime ;
-renforcement des moyens techniques matériels et humains de
l'Ecole Nationale de Police dans la perspective de sa transformation en
faculté.
Le programme d'action minimal pour un mieux être social passe
par une politique volontaire prenant en compte les conditions de vie des populations. Un ensemble de mesures pratiques doit être envisagé :
Conditions de vie :
-restructuration des salaires sur la base d'un SMIG à 19600 pour ce qui
est des ensembles des salaires privés et publics ;
-diminution des impôts sur les salaires et un meilleur recouvrement de
l'ITS ;
- augmentation de 200% des soldes de l'Armée et des Forces de
Sécurité en 3 ans ;
- Contrôle des prix et des denrées de première nécessité ;
- Suppression de toute organisation d'entente sur les prix ;
- Réforme et renforcement de la sécurité sociale pour une meilleure
couverture des retraités, des veuves et ayant droits ;
-Revalorisation des prestations familiales ;
-Création d'un crédit à la réinsertion des retraités actifs ;
- Indexation des salaires sur le taux de croissance net tous les deux ans ;
-Création de crèches mutuelles dans les quartiers ;
-Elaboration et mise en oeuvre de stratégies contre les endémies ;
-Création d'un crédit à l'accès à la propriété pour les Forces Armées et
les Forces de Sécurité ;
-Réorganisation de la médecine publique et privée.
Education
- Introduction de l'enseignement coranique dans le cursus scolaire ;
- Réouverture des internats dans les lycées ;
- Augmentation des bourses de 2000 UM
-Création d'une mutuelle des étudiants chargée de la gestion des
oeuvres universitaires ;
-Création d'une structure : Administration/Secteur privé/Etudiants
chargée de l'organisation des stages et de la programmation de
l'insertion dans la vie active ;
- Mise sur pied d'un service civil de 2 ans pour les étudiants non insérés
dans la vie active. Ce service civil devant se faire dans les
administrations régionales et les structures publiques et parapubliques
régionales.
Justice
-Réforme structurelle de la Justice par l'allégement des procédures
bureaucratiques ;
-Respect des droits des prévenus ;
-Moralisation et lutte contre les abus.
Emploi
- Réarmer l'économie nationale pour absorber en cinq ans au
moins 200.000 demandes d'emploi ;
-Veiller au maintien d'une offre d'emploi d'au moins 40.000
opportunités par an ;
-Favoriser le droit de travailler dans sa région par une
régionalisation systématique des investissements autour de six Länders qui
doivent être des pôles de développement intégré ;
-Obligation pour l'Etat d'exonérer de l'ITS les salaires des jeunes
diplômés pendant les 2 premières années d'emploi ;
- Recyclage technique par un recrutement massif dans le cadre du
programme " Adwabas : Séquelles de l'esclavage…"
Economie et Finance
Toute l'action économique créant une dynamique de développement et
de croissance passera par l'élargissement du marché intérieur, par la diversité
de la production exportée et par la création de trois zones franches.
Ces trois orientations favorisent l'augmentation de la demande qui
passe obligatoirement par :
-La programmation et la gestion du crédit, secteur par secteur et
région par région ;
-Audit des dépenses communes du budget et leur réduction à 5%
de la masse globale ;
-Elaboration de conditions non discriminatoires d'éligibilité au
crédit ;
-Création d'une banque populaire à caractère régional dans
chaque Länder ;
-Elaboration d'une politique de pôles de développement dans les
Länders qui peuvent regrouper plusieurs wilayas actuelles.
Politique Sectorielle
Agriculture
-Politique foncière protégeant les propriétaires traditionnels par un
système d'indemnisation juste ;
-Assistance et soutien aux petits exploitants par la création de
groupements d'intérêt économique (GIE) plus adaptés à notre mentalité ;
-Politiques de diversification et de commercialisation des produits
agricoles ;
Elevage et Eau
- Création d'un crédit à l'élevage ;
-Développement de l'industrie de sous produits ;
-Gestion de zones de pâturages protégées ;
-Protection des forêts et reboisement avec respect de
l'écosystème ;
-Développement de l'élevage semi-intensif ;
- Elaboration d'un plan national de distribution d'eau douce et
gestion rationnelle des ressources hydrauliques.
Pêche
-Gestion annuelle des captures et limitation du nombre des
navires ;
-Développement d'une pêche artisanale moderne et
pluridisciplinaire par l'introduction d'équipements performants ;
- Développement à terre du Secteur pélagique, seul créateur de
valeur ajoutée et pourvoyeur d'emploi en particulier pour les femmes ;
-Mauritanisation sur 5 ans de la pêche artisanale ;
-Création d'un Haut Commissariat à la mer chargé de la pêche, de
la surveillance maritime et des ports ;
-Application du code de la Marine Marchande ;
- Réorganisation de la commercialisation et du marché local.
Front Populaire
DECLARATION DE POLITIQUE GENERALE
Situation actuelle
Pour bien comprendre l'histoire politique, sociale et économique de la
Mauritanie, il est nécessaire d'appréhender la genèse de sa formation et
l'évolution historique dans ses causes et dans ses effets. Il est aujourd'hui
clair que depuis les Almoravides, il existe une entité géographique homogène
composée en particulier de Chinguitti (Trab El Bidhane) et du Fouta.
Toutefois, il n'est pas évident qu'on puisse parler d'un Etat malgré l'existence
d'un espace géographique uni, d'une communauté de destin fondée sur la
mission d'islamisation et l'existence d'un peuple avec ses différentes
composantes. Si on ne peut pas parler d'une nation, il faut toutefois
remarquer que la dynamique de certaines épopées ont eu à créer et à
renforcer le sentiment national notamment durant l'épopée almoravide et le
Jihad contre l'envahisseur colonial.
La société mauritanienne qui était à dominante nomade se caractérisait par
une double structure de marché et un mode de production non accumulatif et
non privatif. En effet, le mode de production nomade se caractérisait par un
outil de production-produit et une gestion autarcique. Le cheptel, outil de
production, était en même temps un produit et un outil et le campement était
l'unité de gestion et en même temps l'unité de consommation. Cette
caractéristique justifie l'absence de monnaie qui, elle, justifiait l'absence
d'accumulation privative, ce qui renforce la solidarité du campement.
Le développement du cheptel était à l'origine d'un développement social par
siscparité de la communauté. En fait au delà d'un seuil du développement du
cheptel et par le truchement des alliances matrimoniales, un ou deux
campements enfantaient un autre campement. Ceci a été très
vraisemblablement à l'origine des clans (Afkhadh). Les tribus, elles, étant
l'expression solidaire de plusieurs clans contre un envahisseur potentiel.
L'existence de fractions, l'absence de tribu unitaire dans certaines poches
géographiques du pays non concernées par le commerce caravanier
démontrent cette thèse, notamment au Trarza. Le clan, la tribu semblent être
nés pour des raisons de développement économique et de protection des
biens communautaires (Ennar).
A l'apogée du développement tribal, les grandes périodes d'abondance ont
crée un besoin de main-d'oeuvre, favorisé par le commerce qui forcément, est
à l'origine du développement de l'esclavage.
Si le commerce intracommunautaire se réduisait à un troc sporadique par
contre, le commerce avec les autres nations était quasi monétisé. L'or et le
sel ont eu à jouer des rôles d'équivalent général.
Processus de sous-développement
La Mauritanie était au 19ème siècle et au début du 20ème un pays certes arriéré
mais non sous-développé.
Le processus de sous-développement a été initié dès le début de notre
intégration au système économique mondial par le truchement du commerce
atlantique et le commerce de la gomme arabique. En effet, le pays avait son
mode de production, sa technologie (savoir-faire) et son mode de répartition
quasi-équitable en l'absence d'une monnaie et surtout en raison de
l'impossibilité d'accumulation et d'appropriation privative des sous produits de
l'élevage. La communauté était était particulièrement stable sauf dans les
périodes de crise dans lesquelles apparaissent les razzias et les guerres
tribales.
Dans les sociétés traditionnelles d'Afrique, la guerre doit être comprise, avant
tout, comme un mode de répartition des biens, ce qui explique largement les
actions guerrières inter-tribales et inter-éthniques dans tout le Sahel.
L'hégémonie créant la richesse.
Sit les tribus sont apparues comme une ASSABIA de clans pendant l'époque
du commerce caravanier continental, les Emirats ont été favorisés par le
commerce international, notamment le commerce de la gomme arabique, les
premiers Emirats étant nés dans la zone du gommier.
Sur le mode de production à dominante nomade se greffait une agriculture de
subsistance dans la vallée et dans les oasis permettant un certain troc entre
agriculteurs et éleveurs. Les rapports d'ASSABIA et de protection existaient
déjà entre les deux composantes de notre communauté.
Le commerce atlantique notamment l'exploitation du gommier et l'appétit des
grandes puissances coloniales allaient favoriser l'intégration de la Mauritanie
à l'économie mondiale et engendrer le processus de sous-développement de
notre économie.
Le sous-développement de la Mauritanie est apparu à la fin de l'ère coloniale
comme une véritable explosion de l'harmonie socio-économique qui existait
dans notre société. La monétisation, l'apparition de nouveaux produits et de
nouveaux besoins ont attiré la population active vers les premiers centres
urbains. Ceci est d'autant plus manifeste que l'exode s'est faite par
l'extrapolation du comportement des classes : les guerriers cherchant à être
militaires ou gardiens, les marabouts à être enseignants, les tributaires et les
esclaves à pratiquer les travaux de force et les artisans à imiter les produits
importés.
L'apparition des écoles françaises développées après la colonisation a
consacré la rupture technologique et culturelle. L'enseignement nouvellement
introduit a ignoré la zootechnie et l'agronomie. Il n'est pas venu donner un
coup de pouce qualitatif à un savoir-faire ancestral qui avait atteint son
apogée. Les technologies zootechniques et agricoles devaient dépérir en
l'absence d'une relève démographique. La jeunesse, héritière de ce savoir-
faire, avait été démissionnée au profit de nouveaux projets de société aliénant
notre économie au capitalisme conquérant. Cette aliénation a sonné le glas
d'un éventuel développement économique basé sur le mode de production
traditionnel dominant. Le processus de sous-développement a été accéléré
par l'extraversion de notre économie et son saignement au profit des
économies dominantes. Ceci a été particulièrement matérialisé par l'extraction
et l'exportation du minerai de fer, le développement de besoins en biens
importés d'où la localisation et la concentration de biens et de revenus dans
les pôles extravertis de croissance (Nouakchott, Zouératt, Nouadhibou,
Akjoujt).
On est passé en quelques décennies d'une population composée à 90% de
ruraux à une population dans laquelle ils ne représentent plus que 20%, ce
qui explique tout un phénomène de déséquilibre socio-économique certifiant
notre niveau de sous-développement.
Politique et Société
Dans le cadre de sa civilisation unique basée sur l'Islam, religion de tout
Mauritanien, civilisation exprimée dans notre communauté par quatre
cultures, notre Peuple a créé dans sa diversité, élément enrichissant et
contribuant à une unité plus forte, les fondements inébranlables d'une
communauté de destin.
Depuis les années soixante, cette communauté de destin, en l'absence d'un
Etat généré par la société allait être absorbée par la perméabilité de notre
Pays à des idéologies centrifuges importées.
Les idéologies subjectives à comportement épidermique et les réactions
contraires ont fait éclater la citoyenneté mauritanienne favorisant une
juxtaposition de cultures et un parallélisme des idéaux.
Les mouvements marxistes, tirant leur légitimité idéologique du maoïsme,
favorisant l'identification séparée des cultures, ce qui d'ailleurs reléguait la
culture à des appréciations folkloriques. Les autres idéologies subjectivistes
ne pouvaient véhiculer leurs pensées qu'à travers l'approche chauviniste.
C'est ainsi qu'apparaît la pensée unique, paradigme encore dominant
favorisant le paraître sur l'être. La pensée subjective a besoin du paraître
pour se matérialiser.
Les maux sociaux de notre Pays résident dans la création d'un Etat unitaire
sans citoyens, d'où la nécessité actuelle de créer des citoyens.
Face à un tel constat, une réflexion profonde et objective a été engagée par
un groupe de patriotes désintéressés pour trouver les solutions idoines à cette
crise. Cette réflexion a abouti à la naissance d'un parti, appelé : " Front
Populaire " qui s'attellera dès sa reconnaissance à mettre en oeuvre un
projet de société ambitieux qui s'articulera autour de : quatre grands axes
suivants :
-Les valeurs et la Citoyenneté ;
-La Société ;
-Le Social Libéralisme ;
-L'Etat et la Nation.
Les Valeurs et la Citoyenneté
Population Musulmane foncièrement croyante, l'Islam a toujours représenté la
vie dans notre communauté. L'Islam dans ce Pays a toujours été à l'abri des
influences d'autres grandes civilisations. Ayant été véhiculé par des nomades,
il a été à l'abri de la corruption de la cité, gardant sa pureté originelle et
ignorant les dogmes. Notre Peuple a été le premier missionnaire de l'Islam en
Afrique, mission éternelle portée encore par nos marabouts et nos
commerçants là où l'Islam est absent du continent noir. Il y a toujours eu une
symbiose absolue entre l'Islam dans ces valeurs et notre comportement
social. Certes, le développement des cités, le viol par les cultures importées,
la paupérisation ont eu un comportement néfaste sur certaines de nos valeurs
islamiques. Toutefois, la famille te la communauté restent régies dans leur vie
quotidienne par l'Islam, ciment de notre unité et expression de notre
communauté de destin et de notre comportement civilisationnel. L'Islam este
pour nous synonyme de science, tolérance et progrès.
Nous sommes, au Front Populaire, contre toute exploitation de notre
patrimoine civilisationnel par des aigris en mal de projet de société, défigurant
l'Islam que nos ancêtres ont porté dans le Maghreb. Cette mission, spn sens,
sa dynamique d'être a été depuis les Almoravides garantie et protégée par
des centaines d'ulémas dont le rayonnement à travers les siècles a atteint les
plus lointaines contrées de la Oumma Islamique. Nous restons attachés au
valeurs Islamiques qui s'expriment dans solidarité sociale, la justice, l'équité,
la connaissance (science) et l'amour de la patrie., l'équité, la connaissance
(science) et l'amour de la patrie.
Citoyenneté
Fort des valeurs de l'Islam, l'homme mauritanien doit s'intégrer dans la
communauté de part s pensée et de part son comportement. Il doit la servir et
profiter des avantages qu'elle peut offrir. En un mot, être citoyen à part
entière, s'acquitter de ses devoirs et profiter de ses droits.
Le citoyen doit non seulement oeuvrer pour l'unité du pays dans ses
différences, mais il doit être aussi un combattant permanent au service de la
justice sociale. Justice sociale fondée sur l'équité et l'égalité entre tous les
Mauritaniens face à la communauté. L'égalité des changes doit être définie
comme étant une égalité devant les opportunités offertes à des hommes et
des femmes qui ont été formés, éduqués, encadrés soignés, protégés dans
les mêmes conditions, c'est le rôle de l'Etat.
Démocratie
La démocratie est un acquis dans notre pays garantir par la constitution, c'est
le mode de gouvernement qu'on choisi les Mauritaniens dans leur majorité.
Après six ans d'expérience, tout en reconnaissant l'importance de cet acquis, le Front Populaire considère qu'il est nécessaire de faire des aménagements, afin que cet outil soit plus proche de nos mentalités.
En effet, le pluralisme politique n'est pas le pluralisme des idées. La démocratie pluraliste n'existe que quand les différences de visions s'expriment politique dans une assemblée nationale est monocolore.
Dans un pays sous-développé comme le notre, ou l'administration
Etatique est la première source de revenu, le scrutin majoritaire défavorise le
pluralisme politique. Le Front Populaire considère que seule la proportionnelle
permet l'existence d'une démocratie pluraliste.
Le front Populaire oeuvrera pour porter le nombre des députés à 160 et à
l'abolition du scrutin majoritaire au profit du scrutin proportionnel qui, non
seulement favorise la représentativité de toutes les opinions, mais aussi s'est
toujours caractérisé par l'émergence d'une administration technocratique
efficace.
La démocratie n'est qu'un système dont le but doit être une meilleure harmonie
des rapports entre gouvernants et gouvernés par la liberté et le bien être du
peuple.
La société
Dans le cadre de l'organisation de la société, l'accent sera mis par le Front
Populaire sur la famille, l'éducation et les cultures, le travail et l'environnement.
Famille
Pour endiguer les égoïsmes socialement suicidaires, le Front Populaire
considère que la cellule de base de la communauté, organe dynamique et
constructeur, est la famille. L'individu n'en est qu'un élément.
La famille doit reposer sur la stabilité et la solidarité au premier rang. Cette
cellule est le fondement de la communauté. Elle est l'unité de production, l'unité de consommation, l'unité d'éducation garante de valeurs civilisationnelles et moteur de l'action sociale, héritière du passé et porteuse de projets d'avenir.
Dans notre société, la femme reste l'axe principal de la cellule familiale, autour
duquel s'organise la passage de relais entre les générations. Les femmes
représentent 52% de la population mauritanienne, géographiquement mal
répartie, car nous avons dans certaines zones moins de 40 hommes pour 100
femmes. Ce qui s'explique par un déséquilibre géographique des sources de
revenu.
Vu leur rôle déterminant, la femme et l'enfant doivent représenter le premier
objectif de la solidarité sociale. Toute politique économique viable doit se fixer
comme premier objectif, le toit et le revenu permanents pour le bien être
familial.
Les mères abandonnées doivent faire l'objet d'une priorité de couverture
sociale tout en établissant une modulation des priorités en fonction de l'âge et
du nombre d'enfants.
L'emploi des femmes doit faire l'objet d'une action volontaire dans le cadre
d'une politique économique géographiquement bien répartie.
Education et cultures
De civilisation Islamique, la Mauritanie est un pays pluriculturel. Ce qui fait sa
richesse.
En effet, les quatre cultures qui existent dans ce pays (Arabe, Pulaar, Soninké,
Wolof) s'interpénètrent et se complètent. Facettes d'une même civilisation
Islamique, les cultures mauritaniennes enrichissent un patrimoine civilisationnel commun, qui fait la différence entre un Arabe Mauritanien et un Arabe Marocain, entre un Pulaar ou un Soninké ou un Wolof Mauritanien avec un pulaar ou un Soninké ou un Wolof Sénégalais ou un Guinéen.
Le Front Populaire se fait le défenseur du renforcement de la dynamique
d'interpénétration culturelle, garante du renforcement de notre unité nationale.
Cette interpénétration ne pourra en aucun cas se faire par une aliénation d'une
culture à une autre.
Le renforcement de l'interpénétration culturelle et de la dynamique de l'unité
nationale ne pourra se faire que par un système éducationnel cohérent.
L'enseignement dans lequel les langues ne représentent qu'un moyen
d'expression ne peut être qu'unitaire.
Le Front Populaire oeuvrera pour l'unification des modes d'enseignement sur le territoire national.
La non application de la loi sur la concurrence, l'absence d'encadrement de la
stratégie libérale, l'organisation de certains syndicats de patrons,
l'intermédiation financière, la démission de la Banque Centrale quant à
l'encadrement du crédit, l'informalisation à outrance et la fragilité de l'économie
malgré les efforts faits, tous ses éléments, en faussant les objectifs qui devaient être ceux du libéralisme mauritanien, renforcent la concentration et accélèrent le processus de paupérisation.
Le Front considère que le libéralisme dans notre pays devrait avoir comme
premier objectif le mieux être de la communauté. En effet, malgré une
croissance soutenue ces dernières années et en l'absence d'augmentation des
salaires, cette croissance n'a profité qu'à une partie très restreinte de rentiers et de capitalistes.
Le Front Populaire me porte garant et défenseur d'un projet de société dont le
fondement idéologique est le social libéralisme.
Le social libéralisme se caractérise par l'économie sociale de marché dont
efficacité et l'efficience doivent servir l'ensemble de la communauté par un
mieux être et une meilleure répartition. L'objectif essentiel doit être
l'élargissement de la classe moyenne qui, seule, peut garantir la stabilité
sociale.
Le Front Populaire définis la classe moyenne comme une classe composée de
familles ayant un toit et un revenu permanent. Le développement de cette
classe moyenne a pour caractéristique essentielle de réduire au mieux les
deux extrêmes de la société, les trop pauvres et les trop riches.
La richesse n'est pas un mal en soit et la pauvreté n'est pas une vertu. Ce qui
est un mal, c'est la concentration privative et monopolistique du revenu national par un groupe restreint de personnes.
L'objectif social du libéralisme, que je prône, ne peut en aucun cas se faire
dans le cadre d'une démission pure et simple de l'Etat qui doit initier, orienter et encadrer la stratégie de développement économique.
Etat Social libéral
- Les petits producteurs
-Les activités créatrices d'emploi
-La solidarité sociale
-Les régions les plus défavorisées.
En effet, le libéralisme pratiqué chez nous a favorisé :
Le transfert de monopole
Le transfert de revenu
La concentration excessive et privative national.
La privatisation est apparue ainsi comme élément moteur d'une double
paupérisation, non seulement en enrichissant les riches, mais aussi en
augmentant le chômage dans un premier temps par la déflation des employés
dans les entreprises privatisées.
Le non application de la loi sur la concurrence, l'absence
d'encadrement de la stratégie libérale, l'organisation de certains syndicats de
patrons, l'intermédiation financière, la démission de la Banque Centrale quant
à l'encadrement du crédit, l'informalisation à outrance et la fragilité les
objectifs qui devaient être ceux du libéralisme mauritanien, renforcent la
concentration et accélèrent le processus de paupérisation.
Le Front Populaire considère que le libéralisme dans notre pays devrait
avoir comme premier objectif le mieux être de la communauté. En effet,
malgré une croissance soutenue ces dernières années et en l'absence
d'augmentation des salaires, cette croissance n'a profité qu'à une partie très
restreinte de rentiers et de capitalistes.
Le Front populaire se porte garant et défenseur d'un projet de société
dont le fondement idéologique est le social libéralisme.
Le social libéralisme se caractérise par l'économie sociale de marché
dont l'efficacité et l'efficience doivent servir l'ensemble de la communauté par
un mieux être et une meilleure répartition. L'Objectif essentiel doit être
l'élargissement de la classe moyenne qui, seule, peut garantir la stabilité
sociale.
Le Front Populaire définit la classe moyenne comme une classe
composée de familles ayant un toit et un revenu permanents.
Le développement de cette classe moyenne a pour caractéristique essentielle
de réduire au mieux les deux extrêmes de la société, les trop pauvres et les
trop riches.
La richesse n'est pas un mal en soit et la pauvreté n'est pas une vertu.
Ce qui est un mal, c'est la concentration privative et monopolistique du revenu
national par un groupe restreint de personnes.
L'objectif social du libéralisme, que nous prônons, ne peut en aucun cas
se faire dans le cadre d'une d'émission pure et simple de l'Etat qui doit initier,
orienter et encadrer lanv stratégie de développement économique.
Etat Social libéral
Le gouvernement est l'initiateur de la stratégie de développement de
l'économie nationale. Il doit en définir le cadre parfois, en disponibiliser les
moyens et, dans tous les cas, en fixer les objectifs.
La stratégie de développement doit se fonder sur la justice sociale et
l'équité.
Le libéralisme a besoin de règles de jeu claires et faciles à appréhender
par le citoyen.
L'Etat, à travers ses structures, doit créer les conditions justes pour une
meilleure efficacité de l'action économique. En effet pour que l'ensemble des
capacités productives soient exploitées et pour que les idées des citoyens
bâtisseurs puissent se concrétiser, le gouvernement doit veiller à un
ensemble de règles et doit manipuler un ensemble de leviers pour accélérer
l'action génératrice de richesses nationales.
Pour faciliter le financement, un encadrement sectoriel et régional du
crédit doit être envisagé dans le cadre de programmes à moyen terme. Les
règles d'éligibilité doivent être claires et anonymes. La privatisation des
intermédiaires financiers ne doit en aucun cas être comprise, ni comme une
privatisation de la politique nationale du crédit, ni comme une privatisation de
la création monétaire. La nécessité de l'élargissement Régional de la base
des investissement rend incontournable la mise en place d'une banque
nationale populaire dont le conseil d'administration et les conseils de crédit
sont régionalisés, ce qui permet au gouvernement de mieux encadrer les
investissements régionaux minima.
La déconcentration de la décision en matière de crédits régionaux et la
fixation des quotas permettraient une meilleure déconcentration de l'activité
économique.
Le gouvernement doit veiller à la manoeuvre des quatre leviers
principaux qui permettent d'orienter l'économie : l'impôt, le taux d'intérêt, le
taux de change et le budget.
La fiscalité, dans une économie sociale de marché, doit permettre de
réguler l'économie en favorisant l'objectif social de notre libéralisme. L'équité
fiscale doit permettre de relancer notre économie en favorisant :
Les Petits producteurs
Les activités créatrices d'emploi
La solidarité sociale
Les régions les plus défavorisées.
Dans le cadre de la nouvelle donne du commerce mondial, une zone
franche créatrice d'emplois et de revenus peut être envisagée au Sud de
Nouakchott. La zone franche doit être protégée, défiscalisée, déréglementée
et off-shore.
Le taux d'intérêt, levier essentiel de la politique d'épargne et
d'investissement doit être géré en fonction des besoins de l'économie dans sa
globalité et des stratégies sectorielles définies par le gouvernement.
La parité monétaire doit être l'objet d'un intérêt particulier des pouvoirs
publics. En effet malgré l'importance de l'assainissement financier qui a été
réaliser ces dix dernières années, la gestion des avoirs extérieurs semble
encore peu maîtrisée.
Le gouvernement doit veiller à l'unification du taux de change. Le
différentiel entre le taux de change et le taux dans les bureaux de change
reste particulièrement important ; le taux réel est le taux du marché.
L'unification des taux passe obligatoirement par une politique volontariste
d'OPEN MARKET.
L'équilibre budgétaire qui était une nécessité ne doit être un déflateur
de l'investissement public ou de la création d'emplois.
Pour le Front Populaire l'équilibre budgétaire, qui est une nécessité, doit
particulièrement concerner le budget de fonctionnement qui est non productif.
En matière d'investissement, certains déséquilibres rationnels générateurs de
richesses doivent être envisagés.
Ceci est d'autant plus vrai que la Mauritanie est aujourd'hui assise sur un matelas de fonds de contrepartie entièrement stérilisé.
Le budget, unique moyen financier de l'Etat, doit servir la solidarité
sociale. L'Etat doit assurer une couverture sociale au profit des démunis et ce
en particulier pour les femmes abandonnées, les enfants et les vieillards.
Le couverture sociale du citoyen mauritanien démuni est le seul garant
à terme de l'effritement du comportement tribaliste. En effet la tribu reste
aujourd'hui la seule garantie en matière de solidarité sociale.
L'Etat social libéral a pour mission essentiel l'investissement dans le
citoyen mauritanien et la suppression des écarts et des différences pour
assurer l'égalité des citoyens devant les chances. Ces écarts et ces
différences sont particulièrement remarquables dans les "ADWABA" et les
"KEBAAT".
Si l'esclavage a été juridiquement aboli, il n'en reste pas moins que ses
séquelles sont uniquement d'ordre économique. Pour passer de l'Etat social
de propriété à l'Etat social d'homme libre, il faut obligatoirement que l'ancien
esclave soit propriétaire. Une politique sociale et soutenue dans le temps doit
être menée dans ces zones pour permettre l'accession des anciens esclaves
à la propriété et leur autonomie économique. Il faut, qu'ils deviennent des
citoyens à part entière pouvant contracter des dettes et possédant un
patrimoine.
Sur les contradictions verticales (tribalisme, régionalisme, ethnisme…)
se greffent des contradictions horizontales dont les solutions sont uniquement
économiques.
La jeunesse de la population et la mauvaise répartition du revenu sont
deux détonateurs qu'il faut gérer avec précaution.
La jeunesse de la population mauritanienne dont 82% ont moins de 45
ans et 54% ont moins de 20 ans.
La faiblesse du revenu moyen par tête, 6.000 Ouguiyas par mois (base
81).
A ces deux données, s'ajoute le caractère marginalisant de la formation
scolaire ; l'éducation n'étant plus un moyen d'accès social. Le revenu moyen
par tête avoisine le seuil de pauvreté défini par les Nations Unies. Ce qui veut
dire que 50% de notre population se trouvent en dessous du seuil de
pauvreté. Les 50% les plus riches du pays comprennent les smicards, ce qui
s'explique par une concentration sans précédent du revenu national. Ce
contraste est masqué par une certaine solidarité sociale traditionnelle.
Dans un pays où traditionnellement les armes ont été considérées
comme outil de production et les guerres une action de distribution des
revenus, le Front Populaire considère que l'Etat doit veiller à une meilleure
répartition de la richesse nationale, stabilité n'étant garantie que par
l'élargissement permanent et soutenu de la classe moyenne.
Emploi
Une meilleure répartition du revenu national passe obligatoirement par
une politique conséquente de l'emploi en Mauritanie. Il doit être l'objectif
primordial dans toute action économique soutenue par une volonté politique
claire. Dans sa situation actuelle, le gouvernement doit veiller à une politique
économique de forte croissance permettant la résorption du chômage. Cette
politique passe obligatoirement par la formation et la déconcentration des
investissements. Par la fiscalité, par la modulation des taux d'intérêt, les
facilités administratives et un déséquilibre budgétaire productif , l'Etat doit
favoriser la création d'emplois. Au delà de l'objectif d'enrayer le chômage,
notre économie doit être capable de faire face à 50.000 ou 60.000
demandeurs d'emploi par an. Ce qui correspond à l'augmentation annuelle en
valeur absolue de notre population.
Pour réussir l'ensemble de ces objectifs, le Front Populaire oeuvrera
pour la création d'une véritable administration de développement efficace et
compétitive. La mise en place de cet outil d'encadrement indispensable passe
par une réforme systémique de l'administration fondée sur une approche
comparative coût/efficacité, car l'administration doit être rentabilisée. Les
critères d'efficacité et de productivité doivent être les valeurs essentielles pour
tout avancement.
L'Etat et la Nation
Dans la recherche du bien être de sa population, l'Etat Mauritanien doit
veiller à une population de bon voisinage et de défense des causes justes.
Sans s'isoler, l'Etat doit veiller à l'indépendance du pays et à son intégrité
territoriale. L'armée du peuple et les forces de sécurité doivent garantir
l'intégrité territoriale du pays, la stabilité intérieure et la stabilité sur les
frontières.
La Mauritanie, dans le cadre de sa politique de bon voisinage, doit
oeuvrer pour l'intégration économique des pays du Maghreb et du Sahel.
L'intégration doit se faire sans aliénation aucune de la Souveraineté Nationale
et sans aucun sacrifice pouvant altérer le bien être de notre peuple.
L'Etat Mauritanien oeuvrera aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur pour
assurer les principes fondamentaux de la déclaration universelle des droits de
l'homme conformément aux principes déjà édictés par notre constitution :
Le droits à l'égalité
Les libertés et les droits fondamentaux de la personne humaine
Le droit de propriété
Les libertés politiques et les libertés syndicales
Les droits économiques et sociaux
Les droits attachés à la famille.
Conclusion
Cette déclaration de politique générale sera améliorée au fur et à
mesure que des idées neuves et constructives voient le jour dans cette
recherche continue et effrénée du meilleur dont nous faisons notre credo au
Front Populaire, le parti, qui se veut un laboratoire d'idées à tous les
mauritaniens.
Front Populaire
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